Flörsheim-Dalsheim 2015

Le Fleckenmauer de Flörsheim-Dalsheim : quand les pierres écrivent l’histoire.

Dimanche 19 avril 2015, sous un ciel azuréen, retrouvailles de printemps pour quelques fidèles de l’association. Au milieu du vignoble de Rhein-Hessen, le point de rencontre à Flörsheim a pu dérouter les plus aguerris au maniement du GPS. 28 personnes, toutes générations, ont trouvé le chemin, qui en auto, qui en vélo!

Pour une oreille française  « Flörsheim » présente une consonance printanière, voire bucolique, qu’on ne s’y trompe pas, le nom n’a rien à  voir avec une quelconque référence botanique, mais à une lignée de Seigneurs de Flersheim qui ont dû occuper les lieux à une date perdue dans la nuit des temps.

Le village, tel que le panneau l’indique depuis l’autoroute, recèle une curiosité qui incite le touriste à aller voir de plus près. « Flörsheim : Fleckenmauer » peut-on lire depuis l’A61. Contre toute apparence linguistique, le mur en question ne présente aucune tache, le mot « Fleck » faisant exclusivement référence à un type de village, doté d’un droit de marché et dont l’importance économique pouvait attirer des brigands en quête de richesses vite et mal acquises. Pour cette raison on entourait ces villages d’une défense en pierre. Donc rien à voir avec une quelconque fonction stratégique comme dans les forteresses militaires.

Flörsheim peut s’enorgueillir d’être l’un des rares villages de la région à avoir su préserver ce caractère médiéval, avec ses tours et ses vieilles bâtisses. La muraille longue de plus d’un kilomètre à l’origine et haute parfois de 10 mètres a été en maints endroits interrompue pour les besoins de l’urbanisation à une époque où sa fonction première n’était plus justifiée. Qu’importe, à déambuler le long des ruelles étroites les promeneurs de notre association s’attendaient à croiser le guet ou à voir surgir quelque preux chevalier pressé d’aller défendre la veuve et l’orphelin.

Au détour d’une cour ombragée : une  « Kuhkapelle ». Ce type de construction unique en son genre mais répandue en Rhein-Hessen n’était autre qu’une étable voûtée pouvant certes rappeler une chapelle, mais n’ayant jamais eu de vocation cultuelle. Le clou de la visite a été naturellement l’ascension au chemin de ronde par l’escalier en colimaçon d’une tour de garde. Depuis l’étroit chemin emprunté jadis par les soldats du guet une vue grandiose a permis d’avoir un large panorama sur la région, embrassant d’un coup les deux rives du Rhin, des collines de Rhein-Hessen au Nord  aux confins du Palatinat au Sud et l’Odenwald et la Forêt Noire à l’Est. Par un temps clair comme ce dimanche, un régal pour les yeux.

Plusieurs associations locales ainsi que la commune sont très attentives à l’entretien et à la préservation de toutes ces curiosités locales qui ont su braver les siècles d’invasions, de guerres, de pillages et de rivalités entre les États. D’un ouvrage de défense peu accueillant le mur est ainsi devenu une attraction et une richesse pour le village.

Forte de toutes ces informations historiques prodiguées en français et en allemand par deux guides hautement qualifiées, notre petite troupe a terminé la visite par un déjeuner dans un restaurant du lieu quelque peu débordé par une affluence aussi soudaine. Si l’attente a été ressentie comme un peu longue par quelques-uns c’était bien peu de chose au regard des siècles d’histoire que l’on venait de parcourir.

 Claude Chapat