Soirée Edith Piaf 2013

Par une nuit sombre et froide de novembre comment voir la vie en rose ?

Il suffisait de venir au Leibniz Gymnasium de Neustadt pour écouter le duo “tête à tête” nous interpréter les airs d’Édith Piaf. A la fois graves et désespérées, mais aussi pleines de chaleur ces chansons ont traversé le temps sans une ride. Nulle autre que Piaf a su faire vivre de sa voix rauque et sensuelle à la fois ce Paris des guinguettes, des accordéonistes, des mauvais garçons et des filles dites « de joie ». Ulli Rollshausen, dans un parfait mimétisme parvient à recréer par la voix et par les gestes la chanteuse qui selon Cocteau avait « une voix qui l’habite des pieds à la tête, déroule une haute vague de velours noir. Cette vague chaude nous submerge, nous traverse, pénètre en nous ».

Le pianiste, Christian Maurer, véritable virtuose du clavier qui accompagne nombre d’artistes, a su, malgré la vétusté de l’instrument, reconstituer l’ambiance du café-concert, sans une fausse note et avec un brio remarquable. Du grand art ! La salle était pleine, le public debout, pour rappeler par trois fois les artistes, une belle soirée qui réchauffe le cœur, même quand « il fait si froid dehors ».