Steinbach, Mont du Tonnerre 2013

Par Toutatis, pas si fous ces Gaulois!
En haut de la tour de guet: le groupe prend de la hauteur

Au pied de la silhouette majestueuse du Mont Tonnerre, à Steinbach, se dresse depuis une dizaine d’années un village celte !
En fait il n’a de celte que le nom et se trouve être la reproduction d’un village ayant réellement existé sur les bords du Rhin, découvert au siècle dernier non loin de Germersheim. Qu’importe l’authenticité des lieux, la reproduction est historiquement fidèle et l’œuvre d’historiens et de compagnons maçons chevronnés.

Nous y avons été accueillis par un guide, lui-même hautement qualifié qui allie les connaissances historiques à une pédagogie accomplie, sorte de barde des temps modernes poussant la chansonnette en allemand, en français et en pfälzisch. Si nous savons relativement peu de nos ancêtres c’est qu’ils n’aimaient pas écrire, laissant cela aux seuls druides qui transmettaient toutefois leur savoir ancestral de bouche de druide à oreille de druide. Ainsi a du se perdre au gré de l’histoire la recette de la potion magique de Panoramix !

Pourtant un bien commun unissait ce peuple d’envahisseurs venu d’Asie centrale : leur langue, une langue dont nous avons gardé encore quelques rares vestiges, tant en allemand qu’en français, surtout dans la toponymie. À la question qu’y a-t-il de commun entre : Biebrich, Bieberach, le mont Beuvray, Bibracte, la Bièvre et Beverly Hill sauriez vous répondre que tous ces noms de lieux viennent du Celte “bibr” qui signifie “Castor” ?

Il faut s’imaginer que cette culture a couvert une grande partie de notre continent européen allant de la Galatie dans l’actuelle Turquie à la Galicie à l’ouest de l’Espagne, préfiguration d’une Europe unie, 400 ans avant notre ère. L’évocation de la vie quotidienne celtique est tout à fait complète dans ce petit musée en plein air, où l’on peut apprendre de quoi se nourrissait ce peuple, comment il s’habillait, comment il travaillait et ce, avant l’arrivée d’autres envahisseurs, venus d’Italie, mieux organisés militairement qu’eux.

Les Gaulois, malgré leur bravoure légendaire, (ils combattaient nus et les cheveux décolorés en poussant des cris assourdissants pour effrayer l’ennemi) ne purent tenir face aux légions romaines bien entraînées et disciplinées. Les Romains eurent en effet raison de leur mode de vie mais empruntèrent au passage nombre d’inventions ou de techniques que l’on peut mettre au compte des Celtes dont certaines se sont transmises à nous : la fonderie du minerai de fer, le travail de la forge, l’outillage agraire, la tonnellerie, la culture du blé, le pain de froment, la bière et même le savon !

Au menu du repas qui a suivi la visite, il n’y avait pas de sanglier, et pour cause, les Gaulois n’en mangeaient pour ainsi dire pas, mais élevaient déjà des porcs, afin de s’éviter de courir par les forêts pour les attraper, contrairement à ce qu’Obélix et Astérix ont pu nous faire croire, pas si fous ces Gaulois !

Claude Chapat