Le musée Pollichia 2012

Située sur une faille tectonique très ancienne, la région Rhénane du Palatinat et des Vosges du Nord constitue un ensemble géologique varié offrant une diversité minérale très riche où l’on peut trouver aussi bien des pierres précieuses que des mines de charbon ou des carrières de grès. Sur cet ensemble complexe et bien avant d’être peuplée par l’homme, cette région offrait aussi un réservoir biologique unique qui s’est transformé au gré des bouleversements climatiques. Les mammouths ont en effet peuplé notre « sonnige Pfalz » il y a 10 000 ans, ce qui à l’échelle géologique de la terre peut être considéré comme un passé proche!

Sur ce fondement géologique, le Pfälzerwald, le plus grand massif forestier d’Allemagne, offre une biodiversité extrêmement riche où alternent les zones humides et sèches, les espaces forestiers et les prairies. Toutefois, au cour des millénaires passés et surtout des deux derniers siècles, sous l’effet d’un peuplement humain de plus en plus dense, nombre d’espèces ont disparu. En 1880 il était encore possible de pêcher un esturgeon de près de deux mètres de long à Germersheim, les loups rôdaient encore dans les forêts du Palatinat il y a moins de 150 ans, et les cigognes, jusqu’à un passé récent, venaient s’y reproduire en toute tranquillité !

C’est sur cet âge d’or perdu, grâce à une collection considérable de témoins de toutes sortes, que le muséum d’histoire naturelle « Pollichia »  de Bad-Dürkheim attire l’attention des visiteurs.

Notre association, par cette journée ensoleillée d’automne du 21 octobre, a ainsi effectué un plongeon vertigineux sur les traces de notre passé ancien, lorsque la salamandre barbotait en toute quiétude dans les méandres marécageux du Rhin et que le rhinocéros à poil laineux hantait une taïga postglaciaire devenue depuis l’une des régions les plus peuplées au monde. Une belle leçon d’humilité aussi pour nous, les humains, qui occupons actuellement ces lieux, à titre précaire, ne l’oublions pas.

Claude Chapat